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IDA Culture

Halle des sports, des cultures urbaines et numériques

Villeurbanne

Ville de Villeurbanne

Études et assistance à la maîtrise d'ouvrage relative au projet de création d'un équipement dédié aux sports et aux cultures urbaines, et à son articulation avec des équipements connexes

Mission

  • Étude prospective des besoins
  • Identification des concepts d'équipements
  • Scénarios préprogrammatiques
  • Faisabilité sur site et faisabilité économique
  • Programme

Zoom

L’identité de Villeurbanne s’est nourrie des principes de démocratisation de la culture et de promotion des cultures populaires (la programmation du Théâtre national populaire et l’éclectisme des enseignements de l’École nationale de musique illustrent cela). Cette tradition pousse aujourd’hui la municipalité à conduire une réflexion sur la création d’un équipement dédié aux cultures urbaines et numériques, intégrant des pratiques allant des pratiques sportives hybridées et déplacées dans la rue, au Graff, au DJ’ing/VJ’ing, MC’ing/rap/human beatbox (musique), aux danses hip-hop (danse chorégraphiée et de compétition), slam (musique/écriture)… jusqu’aux musiques électroniques et aux arts numériques.

L’action publique s’est investie ce cette thématique dès les années 1990, mais la création d’équipements dédiés aux cultures urbaines est un phénomène récent, laissant encore le champ libre à l’expérimentation. Cette expérimentation ne se créant pas ex nihilo, il a été important de définir un positionnement par rapport à ce qui existe déjà. Les exemples du Hangar à Nantes, de la Halle de glisse à Lille et de la Bifurk à Grenoble nous ont paru assez représentatifs de ce qu’un lieu de culture urbaine peut porter de potentiels et de paradoxes. 

En termes de contenu, les équipements de Nantes et de Lille ont en commun d’être avant tout centrés sur les sports de glisse (rollers, skate-board, BMX). L’analyse des cultures urbaines fait pourtant ressortir leur caractère pluriel et évolutif : les pratiques sportives et artistiques s’entremêlent, les micro-cultures coexistent avec chacune leur identité, leur public. Penser ces cultures implique donc de penser le dialogue et la diversité tout en définissant ce qui fait sens et ce qui permet de parler d’un ensemble cohérent appelé « cultures urbaines ». 

D’un point de vue architectural, ces équipements sont souvent implantés dans des anciennes halles industrielles. En proposant de grands volumes intérieurs, ces halles peuvent couper de l’extérieur. Les cultures urbaines étant issues de la rue, il paraît essentiel que l’architecture soit au service des pratiques libres : il s’agit d’ouvrir l’équipement sur la ville, de travailler sur les interstices, les espaces qui ne sont ni à l’extérieur ni à l’intérieur, et de pouvoir ainsi proposer des niveaux d’accompagnement progressifs. 

L’utilisation du numérique comme vecteur de dialogue au sein des cultures urbaines permet également d’être en phase avec l’évolution des pratiques. 

Sans prise en compte de ces dimensions, la création d’un équipement peut prendre la forme d’une institutionnalisation, au risque de figer ces cultures et de mettre à distance certains publics. Il est donc important de ne pas limiter l’équipement à son implantation physique et de l’inscrire dans son environnement urbain et social.

Dans cette logique, la programmation doit être doublée d’une réflexion sur les moyens de fonctionnement de l’équipement, sur la définition d’un projet avec les acteurs locaux, et sur l’appropriation future du lieu par ses publics. 

Cette mission sur un équipement innovant amène donc à conjuguer prudence et inventivité. La prudence exige  la construction d’un concept solide, appuyé sur une connaissance et une analyse des cultures urbaine,s ainsi qu’un travail avec les partenaires locaux. L’inventivité permet d’imaginer des espaces répondant aux attentes des publics et à même d’accompagner – voire de susciter – les évolutions à venir dans le champ des cultures urbaines.